Réalisation Logo : Marion Dugalès. ERMINE (Equipe de Recherche sur les MInorités Nationales et les Ethnicités)




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ERMINE, Équipe de Recherche sur les MInorités Nationales et les Ethnicités, est un groupe de recherche pluridisciplinaire du CRBC, site de Rennes 2, Centre de Recherches Bretonnes et Celtiques, de l’université Rennes 2 (Université européenne de Bretagne), qui étudie les questions d’identité et de minorité dans une triple perspective théorique, comparatiste et régionale.

ERMINE organise un séminaire annuel, intitulé “Périphéries, dynamiques identitaires et pouvoirs sociaux”. Ce dernier se compose de neuf rencontres de travail, agencées de la manière suivante.

  • Concevoir la diversité : trois séances de réflexion théorique portant sur des concepts tels qu’altérité, diversité, ethnicité, identité, minorité, nation, etc.
  • Observer le monde : trois séances par an consacrées à l’étude de cas concrets de minorités ou à des comparaisons entre minorités.
  • Penser la Bretagne : trois séances par an relatives à la société bretonne contemporaine.

ERMINE adopte une démarche résolument pluridisciplinaire, associant à sa réflexion sociologues, linguistes, spécialistes de littérature, philosophes, historiens et géographes. Son séminaire est ouvert à tous les chercheurs qui souhaitent participer à ses travaux, même extérieurs au CRBC.

ERMINE collabore avec des chercheurs de différents laboratoires et universités de Bretagne, notamment le CRAPE, Centre de recherches sur l’action politique en Europe, RESO, le laboratoire rennais de recherche sur l'espace géographique et les sociétés, et le CRBC, site de Brest.

ERMINE entretient, en outre, des relations scientifiques suivies avec des chercheurs de divers laboratoires et universités étrangers. Notamment, le Centre for Border Studies de l’université de Glamorgan au Pays de Galles (Royaume-Uni), la Graduate School of International Cultural Studies de l’université du Tohoku à Sendai (Japon), l’Institut d’Ethnologie et d’Anthropologie de l’Académie des Sciences de Russie, Moscou (Russie) et l’université de Tizi-Ouzou (Algérie).

Prochaine communication : Mercredi 13 mai 2009 de 10 h 00 à 15 h 30 à la MSHB, Maison des sciences de l’homme en Bretagne (à côté de la gare SNCF de Rennes)
De 10 h 00 à 12 h 00,
Sharif Gemie, historien, maître de conférences à l'Université de Glamorgan
Sharif Gemie, historien, maître de conférences à l'Université de Glamorgan (Pays de Galles), présentera une communication sur le thème :
« Comment écrire l’histoire de Bretagne ? »

Résumé :La Bretagne pose des problèmes singuliers aux historiens. D’abord, la question conceptuelle de l’histoire du territoire : écrit-on une histoire qui se déroule en Bretagne, ou peut-on écrire une véritable histoire bretonne ? Deuxièmement, comment représenter le rapport entre la Bretagne et la France ? L’histoire classique, c’est l’histoire d’une Bretagne arriérée, que la France mène dans la sphère de la modernité. Doit-on simplement renverser cette représentation, et décrire le rapport entre les deux comme une structure d’oppression ? Troisièmement, comment répondre à la problématique de l’histoire sociale, qui privilégie l’histoire du peuple et de la vie quotidienne ? En Bretagne, le peuple se tait, et les représentations de sa vie quotidienne sont effectuées par des observateurs extérieurs, qu’ils soient bretons ou français.

Les questions de représentation sont vitales dans la construction d’une nationalité : on a même dit qu’une nation commence quand on raconte des histoires à son sujet (Homi Bhaba). Ceci dit, on note un autre point particulier concernant la Bretagne : la proximité entre les (proto-)mythes (proto-)nationaux bretons et les stéréotypes de l’exotisme celtique. Edward Said a décrit le processus de l’orientalisme, par lequel l’Occident a vu, représenté et même fabriqué un Orient. Peut-on dire que les Bretons ont collaboré à leur propre orientalisation ?

Finalement, un point plutôt personnel : comme étranger, comment puis-je écrire une histoire d’un pays dont je ne suis pas citoyen ? Quel est le rapport entre l’histoire écrite de l’intérieur et de l’extérieur ?

de 13 h 30 à 15 h 30,
Dominique AUPIAIS, historien, doctorant à l'Université de la Réunion

Dominique AUPIAIS, historien, doctorant à l'Université de la Réunion, présentera une communication sur le thème : « La part bretonne et le fond celtique dans l’héritage culturel et politique de l’Inde, de Madagascar, des Mascareignes et des Seychelles »

Résumé : L’histoire de l’océan Indien ne commence pas avec l’arrivée des premiers Européens dans cette partie du monde à l’époque Moderne. Mais ils sont malgré tout à l’origine d’une interculturalité sans précédent. Les Bretons y prennent une part très active et apportent ainsi pour les siècles à venir une forme particulière de civilisation que nous appelons celtique. C’est particulièrement le cas dans l’archipel des Mascareignes jusqu’alors inhabité. L’île Bourbon au XVII° siècle, devenue par la suite La Réunion, reste l’exemple d’un terminus aquo unique au monde. Notre exposé montre dans un premier temps la naissance d’une communauté originale - dénommée les Petits Blancs - qui, dans les hauts de l’île, s’éloigne de la société esclavagiste du littoral et installe, dans la grande misère et un profond sentiment d’abandon moral, les prémisses de la créolité partagée conduisant au ciment de la société réunionnaise.

Notre recherche doctorale actuelle a permis de mieux cerner le contexte historique et géographique de cette interculturalité naissante. La compagnie française des Indes orientales, créée par Colbert en 1664 et basée à Lorient à partir de 1666, a besoin d’un point de ravitaillement sur la route maritime des Indes. Elle choisit tout d’abord au sud de Madagascar le Fort Dauphin, comme l’ont fait d’autres compagnies avant elle, notamment celle du maréchal de La Meilleraye, gouverneur de Nantes et de Port Louis. Nous décrivons donc dans un deuxième temps la mentalité (cultures, croyances, rêveries) de ces premiers aventuriers venus pour la plupart de l’ouest de la France, leurs déboires dans la grande Ile et en Inde, mais également leurs succès commerciaux et sociaux qui initient le destin commun des hommes en le fixant durablement, donnant des Bretons l’image d’une adaptabilité, d’une tolérance culturelle et d’une résistance à l’hégémonie politique dont la Bretagne et les provinces limitrophes (Anjou, Normandie, Maine et Poitou) peuvent encore être fières ; ce qui justifie l’intitulé provisoire de notre thèse : « La part bretonne et le fond celtique dans l’héritage culturel et politique de l’Inde, de Madagascar, des Mascareignes et des Seychelles ».

Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.

ACCÈS À LA MSHB

• En sortant de la gare SNCF, sortie principale (Nord) : prenez sur votre gauche dès la sortie de la gare et repérez le pilier autour duquel attendent les taxis. L’entrée du Centre d’Affaires Gare Nord se trouve au pied de ce pilier.
• En arrivant depuis l’avenue Janvier : une fois devant l’entrée de la gare SNCF, orientez-vous sur votre droite et repérez le pilier autour duquel attendent les taxis. L’entrée du Centre d’Affaires Gare Nord se trouve au pied de ce pilier.

Bretons, Indiens, Kabyles...

Bretons, Indiens, Kabyles...
Des minorités NATIONALES ?

Que se passe-t-il quand un groupe humain absorbé par un autre ne se dissout pas complètement en lui comme le font le sel et le sucre dans un liquide ? Ce groupe est-il perçu comme un corps étranger inassimilable ou ses caractéristiques propres sont-elles progressivement laminées ? Cultive-t-il son originalité ou en a-t-il honte ? Reproduit-il sa différence ou la réinvente-t-il sans cesse ? Est-il méprisé et folklorisé ou manipulé et instrumentalisé ? Suscite-t-il des soubresauts de violence ? Fait-il l’objet de politiques publiques ?
Toutes ces questions se posent partout sur la planète. Un milliard de personnes appartiennent, en effet, aujourd’hui à des groupes victimes d’une forme ou d’une autre d’exclusion ethnique, religieuse ou, plus généralement « culturelle », soit environ une personne sur sept dans le monde.
Le présent ouvrage propose des apports théoriques destinés à concevoir la diversité ; il offre ensuite quatre études de cas relatives aux Basques et Catalans, aux Kabyles, aux Tatars et Bachkirs et aux Indiens d’Amérique du Sud ; enfin, il se penche sur la Bretagne contemporaine, que les apports théoriques puis le détour par l’étude d’exemples étrangers viennent, on l’espère, éclairer d’un jour nouveau…

Ont participé à cet ouvrage : Nathalie Caradec, Erwan Chartier, Suzanne Citron, Alain Dieckhoff, Nathalie Dugalès, Aurélie Épron, Ronan Le Coadic, Xavier Le Torrivellec, Yvon Le Bot, Jean-Jacques Monnier, Yves Plasseraud, Juvénal Quillet, José Antonio Rubio, Karim Salhi et Gilles Simon.
Ronan Le Coadic est sociologue, maître de conférences à l’IUFM de Bretagne.


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