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2010 - 2011

 

Vendredi 10 juin 2011
Christine CHIVALLON, Directrice de recherche CNRS

À 11 heures, Christine CHIVALLON, Directrice de recherche CNRS, présentera une communication sur le thème : « Se souvenir de ce que l’on doit officiellement oublier. Le travail des « contre-mémoires » à la Martinique »

Résumé :

Partant du constat de la situation mémorielle actuelle, cet exposé diagnostique la question qu’elle fait naître pour la mémoire relative à l’esclavage dans les Antilles françaises, prise dans une frénésie qui renforce l’idée de mémoires soudainement inventées. Des mémoires de l’esclavage de l’ordre de la circulation intergénérationnelle sont-elles présentes ? Á partir d’une recherche conduite sur un évènement ancien qui reconduit le cadre du conflit originel entre maîtres et esclaves, à savoir l’insurrection de 1870 à la Martinique, le propos s’attache aux processus mémoriels qu’il a générés. Le recueil de témoignages auprès des descendants des insurgés rend compte de la présence de récits familiaux transmis jusqu’à aujourd’hui selon des modalités particulières liées aux conséquences de la répression de l’évènement insurrectionnel. L’interprétation qui s’en dégage amène à revoir la question de la mémoire collective à la Martinique.

 

Vendredi 13 mai
Pierre-Jean Simon

À 10h, Pierre-Jean SIMON,  présentera une communication sur le thème : « Les situations minoritaires »


Résumé :

En partant de l’examen du mot même de minorité, de ses diverses significations, on est amené à la notion qui, dans la perspective de la sociologie des relations interethniques, est essentielle de la situation minoritaire. Autrement dit l’état de plus ou moins grande infériorité, inégalité, dépendance, exclusion ou marginalité, dans laquelle se trouvent ces collectivités que l’on désigne comme des minorités ethniques, raciales, culturelles, religieuses, linguistiques, ou encore nationales, nationalitaires ou régionales… ; cette minorisation impliquant leur mise sous tutelle exercée par une collectivité similaire majoritaire.

Cette tutelle, couramment justifiée dans l’intérêt même des minoritaires-mineurs, soit par leur trop grande jeunesse (leur primitivité, leur retard culturel…), soit par leur trop grande vieillesse (leur sclérose, leur décadence…), ou, aussi bien, par une combinaison des deux, la situation minoritaire, donc, frappe les collectivités minoritaires d’incapacité et de particularisme. Avec les conséquences que l’on retrouve assez généralement qui vont depuis le mépris et la haine de soi jusque, à l’opposé, le renforcement des sentiments identitaires, le phénomène bien connu du retournement du stigmate en emblème et le combat, qui peut prendre des formes très variées, pour mettre fin à la situation.

De l’autre côté, celui des majoritaires, si l’on constate que les politiques à l’égard des minorités sont assurément diverses, selon les époques et les pays, elles se ramènent fondamentalement à deux grandes options : soit leur élimination, selon différents modes : hard (expulsion, extermination) ou soft (conversion, assimilation), soit leur acceptation, là aussi de différentes manières : dans l’exploitation, la ségrégation et la discrimination, ou dans la tolérance intéressée, ou bien encore, mais c’est le plus difficile, dans le pluralisme.


Vendredi 8 avril à 10 h
Buata Malela, enseignant-chercheur à l'Université de Silésie à Katowice (Pologne) À 10h00, Buata Malela, enseignant-chercheur à l'Université de Silésie à Katowice (Pologne), présentera une communication sur le thème : « Du point de vue des marges : Aimé Césaire, discours postcolonial, pensée postmoderne ? »

Résumé :

Qu'est-ce que repenser la démarche intellectuelle d'Aimé Césaire dans l'univers de la diaspora dans la temporalité postmoderne et postcolonial ? Une telle période recoupe deux moments qui ont été propices à la maturation et à l'épanouissement intellectuel de la réflexion césairienne sur ce que nous appelons la colonialité du pouvoir. Dès lors, aborder celle-ci à partir de celle-la peut-il rendre plus intelligible le contexte actuel qui a vu depuis de nombreuses années réapparaître dans l'espace public la problématique relative à la colonialité à travers ce que l'on appelle la question « noire » ou encore celle de la diversité ? Si la résurgence dans l'espace public d'une telle interrogation entraîne un bouleversement de l'univers des débats, celui-ci en formation depuis longtemps se retraduit-il dans la pensée et la pratique littéraire d'Aimé Césaire ? A partir de là, il s'agit surtout d'interroger le moment du positionnement littéraire, politique et philosophique d'Aimé Césaire dans le champ intellectuel de la diaspora afro-descendante. On se demande si, chez Césaire, les rapports de proximité avec soi-même et l'altérité passent par une déconstruction de la violence épistémique, héritée de l'incorporation de l'aliénation. Pour ce faire, Césaire semble proposer une modalité d'approche de l'identité et de l'altérité à partir de l'usage de figures de proximité. Quel est le statut de ces figurations alors conçues comme des représentations refondatrices grâce à la relecture postcoloniale de la colonialité qui, dans sa production, s'exprime sous la forme d'expériences concrètes comme la violence et la souffrance humaine ? Peuvent-elles être considérées comme constitutives de l'ipséité des minorités et comme la mesure des rapports au monde de Césaire ?

Sharif Gemie, professeur à l'Université de Glamorgan (Royaume-Uni) À 14h00, Sharif Gemie, professeur à l'Université de Glamorgan (Royaume-Uni), présentera une communication sur le thème : « Les réfugiés et l’histoire : l’exemple de l’UNRRA (1945-1948) »

Résumé :

La United National Relief and Rehabilitation Administration (UNRRA) a été créée en 1943, et est devenue la première institution de l’ONU. Ce fut une organisation originale, porteuse des grands idéaux des alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais également rapidement entâchée d'une réputation de corruption sordide, critiquée par les organisations plus anciennes de charité religieuse, et marquée par une forte volonté technocratique. Elle a été confrontée à deux grands défis : les problèmes de santé dans le monde d'après-guerre, et le soin aux personnes déplacées en Allemagne et ailleurs. À travers son exposé, l'auteur considère trois méthodes d’analyse de cette organisation : d’abord, en tant qu'instrument d’une politique de santé mondiale ; deuxièmement, comme l'application d’une politique sociale aux personnes déplacées ; et, troisièmement, comme un sujet d'histoire sociale des camps de refugiés. Il suggère que cette troisième approche est la plus révélatrice de la vraie nature de l’organisation. Cet exposé est tiré de son prochain ouvrage, Outcast Europe : Refugees and Relief Workers in an Era of Total War, 1936-48.


Vendredi 18 mars à 10 h
Nicolas Bancel, Professeur à l'Université Strasbourg II Marc Bloch, détaché à l'Université de Lausanne (Faculté des Sciences sociales et politiques-ISSUL) Nicolas Bancel, Professeur à l'Université Strasbourg II Marc Bloch, détaché à l'Université de Lausanne (Faculté des Sciences sociales et politiques-ISSUL), présentera une communication sur le thème : « Vers la racialisation postcoloniale des discours publics ? »

Résumé :

Le discours de Grenoble du président (30 juillet 2010) Nicolas Sarkozy a déclenché une vive polémique, centrée sur les propositions sécuritaires émises alors et la stigmatisaton explicite des Roms. En prenant pour point de départ et comme analyseur ce discours, cette contribution souhaite mettre à l'épreuve l'hypothèse d'une racialisation des discours publics, en articulant trois pespectives : d'une part comprendre la dynamique des politiques d'asile et d'immigration menées depuis le milieu des années 1980 ; d'autre part s'interroger sur la congruence de ces politiques avec une radicalisation des discours pulics sur l'immigration et la sécurité ; enfin proposer deux axes interprétatifs à même d'éclairer ce qui apparaît comme une configuration historique très caractérisée.

 

Vendredi 11 février à 10 h
Nelly Quemener, Doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication, ATER UFR Communication Nelly Quemener, Doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication, ATER UFR Communication
Université Sorbonne Nouvelle-Paris III, Laboratoire CIM présentera une communication sur le thème : « Ma mère est black, mon père est noir et moi je suis métisse ! » :
politiques de représentations des noirs dans l’humour en France
»

Résumé :

Jusqu’en 2006 et l’émission de stand up Le Jamel Comedy Club diffusée sur Canal +, les noirs étaient quasiment absents de la scène humoristique en France. Cette absence ne signifiait pas une absence de représentation : le noir ou « l’Africain » étaient représentés par des humoristes blancs tel Michel Leeb qui s’inspiraient des imaginaires coloniaux pour proposer des performances caricaturales promouvant un rire de moquerie auprès des publics blancs. Aussi premiers humoristes noirs en France s’attachent-ils à développer un humour de dénonciation de l’inexistence des noirs dans la sphère publique : Dieudonné, lui-même métisse, défend dans ses premiers spectacles, la nécessité d’une histoire des colonies ; Patson désigne sans détour les discriminations raciales dont il est objet ; Thomas N’Gijol développe des chroniques à l’accent politique, et s’oppose frontalement aux politiques de l’immigration des gourvernements en place. Plus que des récits de vie, les humoristes noirs se distinguent de l’humour des minorités ethnoraciales par des performances le plus souvent hyperboliques, qui exacerbent tantôt les propos racistes, sexistes et classistes, tantôt les attendus du stéréotype afin d’en montrer l’enfermement et la violence. À quelles stratégies d’empowerment ces procédés correspondent-ils ? Développent-ils des logiques de confrontation avec les blancs ? Oeuvrent-ils au contraire en faveur d’une indifférenciation ? Nous nous pencherons sur une série de sketches principalement tirés des émissions de talk shows et de l’émission Le Jamel Comedy Club.

Bibliographie :
HALL Stuart, Identités et cultures. Politiques des Cultural studies / ed. par Maxime CERVULLE, trad. par Christophe JAQUET, Paris : Amsterdam, 2007.
HOOKS bell, Yearning. Race, gender, and cultural politics, Boston MA : South End Press, 1990.
MACE Éric, Des « minorités visibles » aux néo-stéréotypes : Les enjeux des régimes de monstration télévisuelle des différences ethnoraciales. Journal des anthropologues, 2007, Hors-série « Identités nationales d'Etat », p. 69-87.
SCHULMAN Norma, The house that black built : television stand-up comedy as minor discourse. Jounal of Popular Film and Television, July 1994, vol. 22, n°3, p. 108-115.

 

Vendredi 14 janvier à 10 h à la Maison des sciences de l'homme en Bretagne, à Rennes
Arlette Gautier, professeur à l’UBO, membre du CRBC Brest Arlette Gautier (professeur à l’UBO, membre du CRBC Brest), « LA FRANCE ET LES FAMILLES ANTILLAISES, DE L’ESCLAVAGE A AUJOURD’HUI » ;

En novembre dernier, le festival « Vibrations caraïbes », consacré aux Amazones antillaises, s’interrogeait sur « Matrifocalité et Matriarcalité dans les sociétés créoles caribéennes », reprenant ainsi le débat sur les spécificités des familles antillaises et sur leurs origines. Ainsi, à l’époque où Goode ne décrivait que deux types de famille : nucléaire et étendue, Murdock ajoutait la famille polygamique et Raymond Smith « découvrait » en Guyane britannique le type matrifocal, lié à la multiplicité des unions, leur instabilité et au bout du compte la prééminence du rapport mère-enfant. Cette question sera traitée ici pour les familles des Antilles françaises à deux périodes bien spécifiques, celle de l’esclavage et de la départementalisation.
On essaiera dans un premier temps de préciser la nature des familles antillaises à ces deux périodes ainsi que les éventuelles différences dans le temps et l’espace, en se servant des recensements et pour la période esclavagiste des minutes notariales, puis on mettra en évidence les facteurs institutionnels, notamment dans la politique française, qui peuvent rendre compte des spécificités antillaises.


Vendredi 3 décembre 2010 à la Maison des sciences de l'homme en Bretagne, à Rennes
Erwan Chartier, journaliste, docteur, membre associé du CRBC Rennes 2 Erwan Chartier (journaliste, docteur, membre associé du CRBC Rennes 2), « Le marin, l’explorateur et le missionnaire : le rôle ambigu des Bretons dans l’expansion coloniale française en Afrique et dans les Caraïbes »

Résumé : Dans les années 1960, l’UDB lançait le slogan « Bretagne=colonie », discours promis à un certain succès. Il a permis d’accréditer l’idée d’une certaine solidarité entre les Bretons, peuple minoritaire de l’hexagone, et les anciens peuples colonisés par la France, notamment en Afrique et aux Antilles. Cette idée s’ancre-t-elle dans une réalité historique ? À travers trois catégories de personnages, les marins, les explorateurs et les missionnaires bretons des XIXe et XXe siècle, la réalité apparaît complexe. Au XIXe siècle, nombre de Bretons se sont illustrés dans l’aventure coloniale française, notamment la Marine, qui est alors l’un des principaux employeurs publics en Bretagne. Ces Bretons ne semblent guère s’être distingués des autres militaires français dans leurs rapports avec les populations indigènes. C’est le cas, par exemple, d'Alexandre Bouët, qui établit la domination française sur la Côte d’Ivoire et le Gabon, où il fonde Libreville, pour accueillir les esclaves affranchis dans les années 1830 et 1840. Le regard des explorateurs (diplomates, géographes, etc.) est plus nuancé et révèle souvent un regard sans concession sur l’horreur de l’esclavage, pour l’abolition duquel l’écrivain malouin Félicité de Lamennais s’est fortement engagé. Le cas de l’explorateur et géographe Guillaume Le Jean est notable : en mission pour cartographier les sources du Nil, il est expulsé de Khartoum pour avoir dénoncé l’esclavage. Quelques années plus tard, ce républicain convaincu, un temps proche du courant historique des bretonnistes, devient consul en Éthiopie, pays dont la diversité ethnique le fascine. Enfin, troisième figure, le missionnaire breton. Dès les années 1830, le gouvernement français confie aux frères de Ploërmel, une congrégation essentiellement bretonne, la mission de fonder des écoles dans les Caraïbes et en Afrique, afin de scolariser les populations locales et de préparer l’émancipation des esclaves. Quelques décennies plus tard, lors des lois de séparation de l’église et de l’État au début du XXe siècle, le gouvernement français combat vigoureusement les congrégations religieuses, notamment en Bretagne où elles sont bien implantées. Mais, avec une bonne dose de cynisme, il favorise les missions dans les colonies pour « civiliser » les populations. Nombre de religieux bretons s’exilent alors et deviennent missionnaires en Afrique, en s’opposant parfois d’ailleurs aux autorités coloniales. A travers ces trois figures, nous essaierons donc d’esquisser une synthèse sur le rôle des Bretons dans la colonisation française.

 

Vendredi 8 octobre 2010
Annick LE DOUGET, doctorante à l’UBO et membre du CRBC site de Brest (ÉA 4451) Annick LE DOUGET, doctorante à l’UBO et membre du CRBC site de Brest (ÉA 4451) présentera une communication sur le thème : « Les jurés d’assises finistériens et le crime de traite des Noirs »

Résumé :

La volonté de répression de la traite des Noirs par les autorités françaises s’affirme par la promulgation des lois de 1827 et de 1831 qui font du trafic négrier un crime passible de la cour d’assises. Dans le cadre de cette répression, la cour d’assises du Finistère a reçu compétence pour juger trois équipages négriers en 1830, 1832 et 1850. Pénétrer dans les arcanes procédurales judiciaires qui ont mené ces accusés à Quimper permet de se rendre compte des tergiversations multiples dans l’application des textes. Et comment expliquer la mansuétude des jurés bretons à l’égard de ces accusés qui sortaient du lot ordinaire des criminels ? Les archives judiciaires permettent d’alimenter notre réflexion sur ce point.

Présentation de l’auteure
Annick Le Douget, auteure du livre Juges, esclaves et négriers en Basse-Bretagne 1750-1850. L’émergence de la conscience abolitionniste. (2000, auto-édition, épuisé) et de deux ouvrages sur la criminalité bretonne : Femmes criminelles en Bretagne, tourments, violences et châtiments (2003) et Justice de sang, la peine de mort en Bretagne aux XIXe et XXe siècles (2007).
Doctorante à l’UBO (Brest) et membre du CRBC (ÉA 4451), elle prépare actuellement une thèse sur la violence familiale dans le monde rural finistérien.




2009 - 2010


Vendredi 11 juin 2010 à 10h00 à la Maison des sciences de l'homme en Bretagne, MSHB, à Rennes
Nathalie Caradec, enseignante à l’Enssat – Lannion

Nathalie Caradec, enseignante à l’Enssat – Lannion, présentera une communication sur le thème :
« Résonances… des écrivains bretons à l’écoute des intellectuels de la négritude et de la décolonisation »

Résumé : Dans les années soixante-dix, des écrivains bretons de langue française, comme Xavier Grall ou Paol Keineg, tentent de concilier création littéraire et sens de l’engagement. Impliqués dans les luttes et les revendications locales de l’époque, les écrivains bretons gardent les yeux tournés vers les autres continents où certains pays viennent d’accéder à l’indépendance ou revendiquent leur singularité. Parmi les figures marquantes de cette période, Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, cherchent sans relâche une expression politique et littéraire à la Négritude, quand Albert Memmi ou Frantz Fanon poursuivent leur réflexion sur la colonisation et ses effets. S’il est difficile de parler d’une influence majeure de ces voix d’Afrique et des Antilles sur la Bretagne, force est de constater que de nombreuses résonances existent entre ces écrivains et intellectuels marqués par l’histoire coloniale et les écrivains bretons des années soixante-dix. Notre communication sera l’occasion de mettre en écho des représentations, des thèmes et des questions relatives à l’écriture, qui se font entendre à la fois dans la sphère afro-antillaise et en Bretagne…

Présentation de l'auteure : Après un doctorat sur la notion de territoire dans la poésie bretonne de langue française contemporaine, elle poursuit ses recherches sur la représentation de la Bretagne dans le roman contemporain et la littérature de jeunesse. Elle s’intéresse également aux questions relatives à la francophonie.

Mots-clés : Paysage, territoire, écocritique, littérature de jeunesse, métissage et francophonie.


Vendredi 21 mai 2010 à 10 h 00 à la Maison des sciences de l'homme en Bretagne, MSHB, à Rennes
Albert Memmi, Professeur honoraire à l'Université de Paris, où il a occupé une chaire de sociologie de la culture, Walker Aims à l'Université de Washington, membre de conseil à l'Université de Princeton,professeur honoraire à H.E.C.,Docteur Honoris causa de l'Université du Néguév
Albert MEMMI, Professeur honoraire à l'Université de Paris, où il a occupé une chaire de sociologie de la culture, Walker Aims à l'Université de Washington, membre de conseil à l'Université de Princeton, professeur honoraire à H.E.C., Docteur Honoris causa de l'Université du Néguév, présentera une communication sur le thème :
« Dominance et dépendance »

Résumé : « Nous nous sommes battus pour que cessent les diverses dominances dont, principalement pour moi, les dominances coloniales.
Or, les anciens dominés, devenus indépendants, ne semblent pas toujours vouloir rompre avec leurs anciens dominants (persistance d’une langue commune, échanges économiques et culturels, etc.).
Sommes-nous entrés dans une ère nouvelle où la conquête d’une forme nationale ne semble plus l’unique solution contre la dominance ? Les nations, sous leurs formes traditionnelles, ne sont peut-être plus aussi prégnantes qu’elles nous semblaient.
Faut-il faire appel plus souvent au concept de dépendance qui instaure de nouveaux duos ? »

L’œuvre d’Albert Memmi
Elle est immense. Son dernier ouvrage est : Testament insolent, paru chez Odile Jacob en 2009.

Présentation d’Albert Memmi
Edgar Morin : « Sa sagesse et son esprit d’universalité sont exemplaires en ce siècle ». Jean-Pierre Faye : « Hommage au témoin, à l’inventeur culturel et interculturel ». Fernand Braudel : « L’essai d’Albert Memmi, La dépendance, renouvelle la musique et la lecture des sciences de l’homme, comme s’il nous donnait une autre oreille, d’autres yeux, une autre intelligence ». Rachid Boudjedra : « Mon admiration et ma reconnaissance pour l’homme et l’œuvre fondatrice ». Alain Touraine : « Une œuvre diverse dont l’influence est grande, c’est un classique des sciences sociologiques ». Léopold Sedar Senghor : « Votre Portrait du colonisé m’a enthousiasmé. (...) Un document auquel les historiens de la colonisation auront à se référer ». Jean Lacouture : « Le Portrait du colonisé est probablement un chef-d’œuvre. C’est un livre culte ». Jean-François Revel, à propos de Portrait d’un juif : « Ce qu’il dit, c’est du feu. »

 

Vendredi 9 avril 2010 à 10 h 00 à la Maison des sciences de l'homme en Bretagne, à Rennes
Ronan LE COADIC, sociologue, maître de conférences à l'IUFM de Bretagne
Une communication sera présentée par Ronan Le Coadic, maître de conférences à l'IUFM de Bretagne, sur « Les Bretons, des “nègres blancs” ? ».

Résumé : « Lors d’un précédent séminaire d’Ermine, Pap Ndiaye, spécialiste de la condition noire et bon connaisseur de la Bretagne, se demandait si un parallèle ne pourrait pas être établi entre le destin des Bretons et celui des Irlandais d’Amérique. Les Irlandais, après avoir quitté leur patrie sous occupation étrangère et en proie à la famine, trouvèrent aux États-Unis une nouvelle forme de hiérarchie sociale, fondée sur la couleur de la peau. D’abord traités de sauvages et de white niggers (« nègres blancs »), ils ne parvinrent, selon certains analystes, à être acceptés d’une population qui leur était initialement défavorable qu’en prouvant qu’ils pouvaient être plus brutaux encore dans leur oppression des Afro-Américains que ne l’étaient les natifs. Les Bretons n’ont évidemment connu ni le destin tragique de la déportation et de l’esclavage des populations noires (ils ont même, au contraire, participé activement au commerce triangulaire), ni la terrible famine qui a décimé l’Irlande et provoqué un exode massif vers les États-Unis. En outre, la hiérarchie sociale en France métropolitaine n’est pas, et n’a jamais été, fondée sur la race. Dans ces conditions, n’y a-t-il aucune comparaison sérieuse possible ? Ou peut-on — toutes réserves faites et mutatis mutandis — tenter d’esquisser une comparaison entre l’évolution des représentations sociales des Bretons et de celles des Noirs et des Irlandais ? Tel sera l’objet de la communication et de la discussion qui suivra. »


 

Vendredi 12 mars 2010 de 10 h 00 à 12 h 00 à la MSHB
Pierre Bouvier, Professeur Paris X-Nanterre
Pierre Bouvier, Professeur Paris X-Nanterre, chercheur au Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales IIAC-Ehess/EOS-Sophiapolis Paris X
Membre de l’Association internationale de sociologie, de l’Association internationale des sociologues de langue française, de l’Association française des anthropologues.
Fondateur de la revue Socio-anthropologie, revue interdisciplinaire de sciences sociales (revel.unice.fr/anthropo/) ; directeur de la collection Socioanthropologie aux éditions L’Harmattan présentera une communication intitulée :
«Les enjeux identitaires postcoloniaux»

L’intervention porte sur les dynamiques et sur les effets que suscitent les processus de colonisation et de décolonisation. Le contexte de départ est celui des Antilles françaises et des pays en voie de développement, en particulier de l’Algérie coloniale. Aimé Césaire et Frantz Fanon ont poursuivi des trajectoires fortement différenciées. Le premier s’est engagé dans une problématique de mémorisation : la négritude, la départementalisation et d’autonomie, le second a postulé une libération radicale de la tutelle coloniale. Il s’agit d’expliciter les croisements intellectuels, parfois inattendus, de ces deux auteurs plus que représentatifs : le poète Aimé Césaire et le médecin-sociologue Frantz Fanon. Leurs attitudes contrastées et les effets de leurs pensées sur les questions coloniales et post-coloniales, hier et aujourd’hui, forment l’axe central de l’interrogation construite autour de ces alternatives et de leurs conséquences tant d’identification spécifique que de métissage et de transnational.

Dernières publications :

Ouvrage

Aimé Césaire/Frantz Fanon, portraits de décolonisés, Paris, Les Belles Lettres, 2010, (coll L’histoire de profil)

Articles

« Postcolonialisme et question nationale », n° spécial Frantz Fanon, une pensée toujours en acte, Berbères, décembre 2009

« L’heure de nous-même a sonné » in Aimé Césaire, le legs, Annick Thébia-Melsan (dir), Paris Argol, 2009.

« Lien social, citoyenneté et ensemble populationnel » in Les intermittences de la démocratie. Formes d’action et visibilités citoyennes dans la ville, Marion Carrel, Catherine Neveu, Jacques Ion (dirs), Paris, L’Harmattan, (coll Logiques politiques), Paris, 2009.

« Pap Ndiaye, La condition noire, Essai sur une minorité française » Esprit, janvier 2009.

« La beauté est dans la rue » ; « Art et politique : la Jeune Peinture » in Les années 68, un monde en mouvement. Nouveaux regards sur une histoire plurielle (1962-1981), Geneviève Dreyfus-Armand (dir), Paris, Syllepses/BDIC, 2008.

« Frantz Fanon et le corps immigré en souffrance » in Histoire de l’immigration et question coloniale en France, Nancy. L . Green, Marie Poinsot (dirs), Paris, La documentation française, 2008.

« Aimé Césaire, négritude et poétique », Esprit, juillet 2008

« La violence du lien social », in Sports, violences et racisme, L Robène, D Bodin, S Héas, P Roussel (dirs), Conseil de l’Europe/Université de rennes 2, CD rom, 2008.

« The Social Bond in Digital Context » in The Nex Boundaries between Bodies and Technologies, B. M. Pirani, I Varga (eds), Newcastel, Cambridge Scholar Publishing, 2008


 

Vendredi 12 février 2010 de 10 h 00 à 12 h 00 à la MSHB
Michel Dispagne, maître de conférences HDR à l'université Antilles-Guyane
Michel Dispagne, maître de conférences HDR à l'université Antilles-Guyane, présentera une communication intitulée :
« Diversité culturelle et sociétés créoles : le vu, l’entendu, le dit linguistiques en contexte sociodiglossique dans l’utilisation de la langue créole, porteuse du paradoxe créolisation-décréolisation »

Résumé : « Que l’on réside en Guyane française, en Guadeloupe ou en Martinique voire que l’on traverse chacun de ces espaces géolinguistiques et socioculturels à l’écoute des langues circulantes et des formes linguistiques habituelles dans lesquelles elles sont exprimées, on observe que les pratiques langagières sont pratiquement les mêmes, que les locuteurs parlent autant le français que le créole. Ce bilinguisme marque l’une des caractéristiques de l’identité culturelle des antillais et des guyanais créolofrancophones mais également il indique de plus en plus sans tension apparente la vitalité de ces langues au sein de ces différents territoires. Le problème, c’est que ce bilinguisme cache une dévitalisation de l’une des langues, le créole en contact avec l’autre, le français. Au point que l’usage du créole aboutit en fait à fragiliser en profondeur celui-ci dans son identité et sa structuration de langue à l’insu même des usagers et à porter atteinte progressivement à l’identité sociosymbolique des locuteurs des régions précitées. Notre communication reviendra amplement sur cette problématique de créolisation en surface et de décréolisation en profondeur qui marque à la fois la langue et le sujet usager de la langue, d’une part et d’autre part, sur l’impact des notions de contact des langues et de diglossie. Elle esquissera quelques réflexions/réponses qui entendent alerter les locuteurs de ces régions et apporter des alternatives contribuant à freiner voire à inverser cette dénivellation de la langue créole et donc cette altération d’une partie de l’identité du sujet créolofrancophone sans toutefois porter préjudice à l’autre langue en usage, le français. »



Vendredi 15 janvier 2010 de 10 h 00 à 12 h 00 à la MSHB
Ronan Dantec
Ronan Dantec, adjoint au maire de Nantes présentera une communication intitulée :
« Bécassine et Banania : destins croisés. Noirs et Bretons dans la presse populaire illustrée »

« Le Breton appartenait à jamais à la race pittoresque et récréative qu’incarnait sous une autre peau cette autre rondeur, le bon nègre Banania. Bamboula "Y’a bon" et Bécassine "Ma doué beniguet", les deux lunes alternées de mon enfance, la noire, la blanche : au fond, je les imaginais assez bien mariés tous les deux, le négro et la brezonnec, puis, nantis d’un petit pécule, tenanciers d’une de ces boutiques de plage où l’on débitait à la grosse du chouan-tire-bouchon et du mathurin à brûle-gueule. »
Ces lignes sont extraites du livre de l’écrivain  nantais Morvan Lebesque Comment peut-on être breton ? dont le sous-titre était, on l’oublie généralement, Essai sur la démocratie française. Comment cette démocratie a-t-elle appréhendé au XIXe siècle une diversité culturelle de plus en plus forte dans le cadre d’un empire colonial en expansion ?
Le rapprochement de l’image des Bretons et des Noirs africains dans la presse populaire parisienne était tentant pour corroborer ou infirmer les propos de Lebesque et dégager les grandes lignes d’une idéologie intégratrice qui a fortement distingué modèles français et anglo-saxons.
À travers l'analyse des similitudes de traitement,  cette conférence s'intéresse aux constantes dans la mise à l'écart de cet autre, d’abord « objet » d’étude. Le mythe du Paradis perdu, habité par de bons sauvages nonchalants et musiciens, s’efface rapidement derrière les images d’arriération, de sauvagerie sanglante et de misère.
Domestiqué, le sauvage devra accomplir un long parcours avant d’être enfin accepté. Bon chrétien, bon soldat, des voies de promotion s’offrent à lui mais à la condition d’intégrer le système de valeur dominant. Seuls les artistes pourront tenter d’obtenir une reconnaissance fondée sur leur originalité.
Ce modèle assimilateur fait-il aujourd’hui partie de l’Histoire ou conditionne-t-il encore certaines de nos approches de l’autre et de sa différence ? La question mérite d’être posée dans le cadre d'un véritable débat…



Vendredi 11 décembre 2009 de 10 h 00 à 12 h 00 à la MSHB
Stefan Moal, maître de conférences en breton à l'Université de Rennes 2
Stefan Moal, maître de conférences en breton à l'Université de Rennes 2, présentera une communication intitulée :
« "Black Irish" ? : l'identité des habitants de l'île caribéenne de Montserrat entre mythes et réalités »

Résumé :lorsqu'on pense au versant européen des métissages culturels de la Caraïbe, viennent à l'esprit les influences hispanique, britannique, française, éventuellement néerlandaise, liées aux anciennes puissances coloniales. Il existe pourtant une petite île, Montserrat, dont l'immense majorité des habitants descend d'esclaves noirs, et qui se réclame de l'Irlande et des Irlandais - tout au moins dans sa communication extérieure. Pourquoi ? Comment ? Quelles réalités, quels mythes, quels malentendus se cachent encore aujourd'hui derrière cette appartenance affichée ? Qu'est-ce qu'être Montserratien aujourd'hui, quinze ans après l'éruption volcanique qui a irrémédiablement changé la vie des insulaires, et partant leur identité même, puisqu'elle a transformé les deux-tiers de l'île en no-man's-land inhabitable, forçant les trois-quarts de la population à émigrer avec très peu de perspectives de retour.
Présentation de l'auteur : formateur d'enseignants pendant une vingtaine d'années et récemment nommé à Rennes 2, Stefan Moal collabore à plusieurs radios et télévisions en langue bretonne : reportage journalistique, doublage de fictions. C'est ainsi qu'il travaille sur le développement de l'enseignement bilingue et des médias en langues minoritaires, principalement en Europe. Il publie ses articles en breton, français ou anglais. Citoyen irlandais et chargé de cours en master d'études irlandaises à Rennes 2, tout ce qui touche à ce pays l'intéresse. Il a été amené cette année, dans le cadre du cycle thématique des séminaires Ermine, à étudier de plus près le cas assez particulier de l'île de Montserrat. D'autant plus que l'Arc Caraïbe sera en août 2010, à Douarnenez - ville où habite Stefan Moal - le thème central du Festival de Cinéma auquel il collabore depuis de nombreuses années.



vendredi 13 novembre de 10 h 00 à 12 h 00 à la MSHB
Éric Fassin, sociologue, professeur agrégé à l’École normale supérieure, chercheur à l’Iris (CNRS / EHESS)
Éric Fassin, sociologue, professeur agrégé à l’École normale supérieure, chercheur à l’Iris (CNRS / EHESS), présentera une communication intitulée :
 « Diversité ou discriminations ? Racialisation et politiques minoritaires en France aujourd’hui ».

Résumé : Impensable dans le cadre de la rhétorique républicaine qui prévalait dans les années 1990, la diversité est devenue pour la France des années 2000 « bonne à penser ». Toutefois, à force d’être un langage partagé pour des options politiques fort différentes, la diversité reste largement impensée : a-t-elle vocation à mettre en lumière les discriminations, ou bien au contraire à les euphémiser ? On se propose ici de revenir sur cette histoire récente, en croisant l’analyse du débat public avec l’étude des mouvements sociaux en matière raciale, pour proposer une lecture de la racialisation à partir d’une définition des politiques minoritaires. Ce sera l’occasion de revenir sur la question qui hantait le discours républicain : l’émergence de la question raciale n’est-elle pas le signe d’une américanisation de la société française ? ou bien au contraire marque-t-elle un écart entre deux manières d’appréhender la racialisation ?

Présentation de l'auteur : Sociologue engagé dans le débat public, Éric Fassin travaille sur la politisation des questions sexuelles et raciales, en France et aux États-Unis. Il a notamment publié Liberté, égalité, sexualités (avec Clarisse Fabre), 10/18, 2004 (2003), L’inversion de la question homosexuelle, Amsterdam, 2008 (2005), et co-dirigé (avec Didier Fassin) De la question sociale à la question raciale ?, La Découverte, 2009 (2006) ainsi que (avec Jean-Louis Halpérin) Discriminations : pratiques, savoirs, politiques, La Halde / La Documentation française, 2008. Dernier livre paru : Le sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique (éd. EHESS, 2009). Il est membre de l’association Cette France-là qui a publié un 2009 un premier volume de ce nom sur la politique d’immigration.

 

vendredi 2 octobre 2009, de 10 h 00 à 12 h 00
De 10 h 00 à 12 h 00,
Olivier Le Cour Grandmaison, maître de conférences en sciences politiques à l'Université d'Evry-Val-d'Essonne
Olivier Le Cour Grandmaison, maître de conférences en sciences politiques à l'Université d'Evry-Val-d'Essonne, présentera une communication intitulée :
« Sur l'impérialisation de la République »

Résumé : Entre 1871 et 1913, les colonies françaises sont passées de moins d’un million de kilomètres carrés à treize millions environ. Quant aux populations « indigènes » désormais soumises à l’ordre nouveau imposé par la métropole, elles ont progressé de sept à plus de quarante-huit millions pour atteindre soixante-dix millions en 1938. Extraordinaire expansion géographique et démographique. Elle est sans précédent dans l’histoire du pays qui s’est trouvé confronté à des tâches nouvelles et complexes auxquelles il n’était pas préparé. De là ces réformes multiples qui, au tournant du XIXe siècle, ont profondément affecté les institutions et la société métropolitaines où émergent de nombreuses structures ad hoc ­ ministère des Colonies, Ecole coloniale, Académie des sciences coloniales, etc., - indispensables pour faire face aux tâches inédites liées à cette construction impériale accélérée. Pour rendre compte de ces processus divers trop souvent oubliés, nous avons donc forgé le concept d’impérialisation  de la Troisième République ; ce sont eux qui retiendront notre attention.

Olivier Le Cour Grandmaison. Dernier ouvrage paru : La République impériale. Politique et racisme d’Etat, Paris, Fayard, 2009. 


2008 - 2009

Mercredi 3 juin 2009 à 17 h 00 àl’IUFM de Saint-Brieuc
Ivan Carel, historien, docteur de l’Université du Québec à Montréal, stagiaire postdoctoral à la Chaire Concordia d’Études sur le Québec (Université Concordia
Ronan Le Coadic : « Émile Masson, un Gandhi breton ? »




Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.

 

Mercredi 13 mai 2009, de 10 h 00 à 12 h 00,
Ivan Carel, historien, docteur de l’Université du Québec à Montréal, stagiaire postdoctoral à la Chaire Concordia d’Études sur le Québec (Université Concordia
Sharif Gemie, historien, maître de conférences à l'Université de Glamorgan (Pays de Galles), présentera une communication sur le thème :
« Comment écrire l’histoire de Bretagne ? »

Résumé :La Bretagne pose des problèmes singuliers aux historiens. D’abord, la question conceptuelle de l’histoire du territoire : écrit-on une histoire qui se déroule en Bretagne, ou peut-on écrire une véritable histoire bretonne ? Deuxièmement, comment représenter le rapport entre la Bretagne et la France ? L’histoire classique, c’est l’histoire d’une Bretagne arriérée, que la France mène dans la sphère de la modernité. Doit-on simplement renverser cette représentation, et décrire le rapport entre les deux comme une structure d’oppression ? Troisièmement, comment répondre à la problématique de l’histoire sociale, qui privilégie l’histoire du peuple et de la vie quotidienne ? En Bretagne, le peuple se tait, et les représentations de sa vie quotidienne sont effectuées par des observateurs extérieurs, qu’ils soient bretons ou français.

Les questions de représentation sont vitales dans la construction d’une nationalité : on a même dit qu’une nation commence quand on raconte des histoires à son sujet (Homi Bhaba). Ceci dit, on note un autre point particulier concernant la Bretagne : la proximité entre les (proto-)mythes (proto-)nationaux bretons et les stéréotypes de l’exotisme celtique. Edward Said a décrit le processus de l’orientalisme, par lequel l’Occident a vu, représenté et même fabriqué un Orient. Peut-on dire que les Bretons ont collaboré à leur propre orientalisation ?

Finalement, un point plutôt personnel : comme étranger, comment puis-je écrire une histoire d’un pays dont je ne suis pas citoyen ? Quel est le rapport entre l’histoire écrite de l’intérieur et de l’extérieur ?

de 13 h 30 à 15 h 30,
Dominique AUPIAIS, historien, doctorant à l'Université de la Réunion

Dominique AUPIAIS, historien, doctorant à l'Université de la Réunion, présentera une communication sur le thème : « La part bretonne et le fond celtique dans l’héritage culturel et politique de l’Inde, de Madagascar, des Mascareignes et des Seychelles »

Résumé : L’histoire de l’océan Indien ne commence pas avec l’arrivée des premiers Européens dans cette partie du monde à l’époque Moderne. Mais ils sont malgré tout à l’origine d’une interculturalité sans précédent. Les Bretons y prennent une part très active et apportent ainsi pour les siècles à venir une forme particulière de civilisation que nous appelons celtique. C’est particulièrement le cas dans l’archipel des Mascareignes jusqu’alors inhabité. L’île Bourbon au XVII° siècle, devenue par la suite La Réunion, reste l’exemple d’un terminus aquo unique au monde. Notre exposé montre dans un premier temps la naissance d’une communauté originale - dénommée les Petits Blancs - qui, dans les hauts de l’île, s’éloigne de la société esclavagiste du littoral et installe, dans la grande misère et un profond sentiment d’abandon moral, les prémisses de la créolité partagée conduisant au ciment de la société réunionnaise.

Notre recherche doctorale actuelle a permis de mieux cerner le contexte historique et géographique de cette interculturalité naissante. La compagnie française des Indes orientales, créée par Colbert en 1664 et basée à Lorient à partir de 1666, a besoin d’un point de ravitaillement sur la route maritime des Indes. Elle choisit tout d’abord au sud de Madagascar le Fort Dauphin, comme l’ont fait d’autres compagnies avant elle, notamment celle du maréchal de La Meilleraye, gouverneur de Nantes et de Port Louis. Nous décrivons donc dans un deuxième temps la mentalité (cultures, croyances, rêveries) de ces premiers aventuriers venus pour la plupart de l’ouest de la France, leurs déboires dans la grande Ile et en Inde, mais également leurs succès commerciaux et sociaux qui initient le destin commun des hommes en le fixant durablement, donnant des Bretons l’image d’une adaptabilité, d’une tolérance culturelle et d’une résistance à l’hégémonie politique dont la Bretagne et les provinces limitrophes (Anjou, Normandie, Maine et Poitou) peuvent encore être fières ; ce qui justifie l’intitulé provisoire de notre thèse : « La part bretonne et le fond celtique dans l’héritage culturel et politique de l’Inde, de Madagascar, des Mascareignes et des Seychelles ».

 

vendredi 24 avril 2009 à 10 h 00
Ivan Carel, historien, docteur de l’Université du Québec à Montréal, stagiaire postdoctoral à la Chaire Concordia d’Études sur le Québec (Université Concordia
Ivan Carel, historien, docteur de l’Université du Québec à Montréal, stagiaire postdoctoral à la Chaire Concordia d’Études sur le Québec (Université Concordia), présentera une communication intitulée :
« Colonisés, mes frères ! L'argumentaire tiers-mondiste des années 1960 au Québec et en Bretagne »

Résumé : Les années 1960 ont été, dans les sociétés occidentales, un moment d’intense remise en question des rapports entre individus, société civile et pouvoir. Et ce qui s’applique au mouvement ouvrier ou étudiant est également vrai pour les mouvements identitaires nationaux ou régionaux alors en plein réveil. Cette mutation ne s’opère pas en vase clos, puisque le contexte international de guerre froide et de luttes de décolonisation influence grandement l’argumentaire de ces mouvements. Mais ce ne sont pas uniquement les revendications qui changent : c’est le fondement même de l’identité – la définition de soi comme société globale et son rapport au monde – qui est touché.
Ivan Carel propose de mettre en parallèle deux exemples de mouvements qui, au cours des années 1960, ont connu cette évolution, soit la Bretagne et le Québec. On pourra remarquer que, toute proportion gardée, la grille de lecture tiers-mondiste devient alors une panacée permettant dans les deux cas d’englober l’ensemble de la réalité sociale. Cadre référentiel incontournable pendant quelques années, la colonie s’accommode ensuite avec plus ou moins de bonheur de l’émergence d’un marxisme globalisant qui a eu tendance à en nier les postulats mêmes.
Nous verrons donc l’impact qu’a eu l’idéologie de la décolonisation sur les mouvements identitaires de ces deux sociétés, la Bretagne et le Québec, aux bagages historiques par ailleurs très différents.

Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.

 

vendredi 13 mars 2009 à 10 h 00
Michel Wieviorka
Michel Wieviorka, directeur d’études à l'’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), directeur du Centre d’'analyse et d'’intervention sociologiques (CADIS, EHESS-CNRS) et président de l’'Association internationale de sociologie (AIS/ISA) interviendra sur le thème :
 « La diversité : histoire et enjeux d'un débat multiforme »

Résumé :La diversité est devenue une catégorie importante du débat public en très peu de temps. Quels sont les acteurs qui ont ouvert la voie à cette expression ? Dans quelles perspectives ? Et quels sont les grands débats que recouvre ce mot en lui-même plutôt terne ?


Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.




mercredi 4 février 2009 à 17 h 00
Jean-Claude Kaufmann, Sociologue, Directeur de recherche au CNRS, Auteur de L'invention de soi. Une théorie de l'identité, Armand Colin et de Quand je est un autre, Armand Colin
Jean-Claude Kaufmann, Sociologue, Directeur de recherche au CNRS, Auteur de L'invention de soi. Une théorie de l'identité, Armand Colin et de Quand je est un autre, Armand Colin :

« L'invention de soi. Une théorie de l'identité »

Résumé : Nous quittons la société du destin imposé. Le modèle du développement social est dorénavant celui de l'individu démocratique, libre de ses choix, les plus divers (à chacun sa vérité, sa morale, son engagement particulier dans des liens sociaux). Il ne s'agit cependant que d'un modèle, de plus en plus prégnant certes, mais inapplicable dans son intégralité.
Prenons l'exemple de la réflexivité. Nous sommes aujourd'hui condamnés à donner quotidiennement sens à notre vie, pour fermer l'infinité des possibles de la réflexivité. Plus les questions se multiplient, et plus il nous faut nous blottir dans nos évidences personnelles. Telle est le contexte de la révolution de l'identité que nous sommes en train de vivre.
Le processus identitaire est une modalité très particulière de la subjectivité, consistant à fabriquer à chaque instant une totalité significative pour l'individu. Le sujet sait qui il est et les raisons de son action lui paraissent évidentes. Dans un univers d'incertitudes, il parvient à faire bloc sur lui-même et à se fixer un cap.
Les années 1960 et 1970 avaient surtout révélé la face lumineuse et optimiste de l'émancipation de l'individu ; nous en découvrons aujourd'hui une face beaucoup plus sombre. Pour le meilleur et pour le pire, nous sommes entrés dans l'âge des identités.

Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.


vendredi 23 janvier 2009 à 10 h 00
Pap Ndiaye, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), membre du Centre d’études nord-américaines (CENA, EHESS-CNRS) et membre du Cercle d’action pour la promotion de la diversité en France (Capdiv)
Pap Ndiaye, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), membre du Centre d’études nord-américaines (CENA, EHESS-CNRS) et membre du Cercle d’action pour la promotion de la diversité en France (Capdiv) :
« Le souci d'être noir. Problèmes d'analyse des populations noires de France »

Résumé : Le propos aura trait à la notion de "Noir", à ses acceptions possibles et ses usages. Il discutera la notion controversée de "race" telle qu'elle est employée dans les sciences sociales, afin de préciser l'usage qui selon nous convient. On discutera la variété des identités choisies des personnes noires, qui ne se résument en aucun cas à leur assignation raciale, mais qui ne la rejettent pas forcément non plus, ce qui permet d'établir une distinction entre les identités noires "épaisse" et "fine". Puis nous expliquerons en quoi la notion de minorité est utile pour penser la condition noire, plutôt que celles de "peuple" ou "communauté" avant de rendre compte des raisons pour lesquelles, selon nous, les Noirs figurés comme tels n'ont guère été présents dans les sciences sociales françaises.

Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.

 

vendredi 5 décembre 2008 à 10 h 00
Pierre de La Robertie
Pierre de La Robertie, maître de conférences de chinois et membre de l'unité de recherche LIDILE (EA 3874 de l'établissement Rennes 2) :

« Les minorités en Chine : leur situation ethno-linguistique et la politique du gouvernement à leur égard »

Résumé : La Chine, ce pays de la taille de l'Europe, a englobé au cours de son histoire un grand nombre de peuples non-sinophones et d'autres cultures. Quelle est la situation actuelle de ces peuples minoritaires? Où sont-ils? Combien Sont-ils? A quels groupes linguistiques appartiennent-ils? Quelles relations le pouvoir central Han (l'ethnie majoritaire) entretient-il avec ces minorités? Quelles libertés leur accorde-t-il (s'il leur en accorde)? Telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées au cours de la présentation.

Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.

 

vendredi 14 novembre 2008 à 10 h 00
Louis-Georges TIN
Cédric Choplin, professeur certifié de breton et histoire, chargé de cours à l’université de Haute Bretagne (Rennes 2), doctorant en études celtiques :

« Le chouan et le sauvage »

Résumé : De 1865 à 1884, Feiz ha Breiz, un hebdomadaire catholique et monarchiste entièrement rédigé en breton, se donne pour objectif d’instruire ses lecteurs sur tout ce qui se passe dans le monde. En plein développement des missions catholiques et à la veille de la course aux colonies, ce journal expose une vision de l’humanité qui se confronte au laïcisme et au racialisme de ses ennemis républicains. À l’heure où les questions d’identité et de représentation de l’Autre sont si prégnantes, il importe de se pencher sur l’histoire de ces représentations ainsi que sur les clivages religieux, scientifiques et idéologiques qu’elles pouvaient recouvrir.

Le séminaire est ouvert à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs qui souhaitent y participer, ainsi qu'aux étudiants, à partir de master.

 

Lundi 6 octobre, à 17h
Louis-Georges TIN
Louis-Georges Tin, Maître de conférences à l'IUFM d'Orléans, porte-parole du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) et fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie :
Vous avez dit : " communautarisme " ?

Résumé : " Mais c'est du communautarisme ! " C'est l'argument qu'on oppose souvent aux Noirs en France, mais aussi aux Arabes, aux Juifs, aux homosexuels, etc. Le terme est devenu un des lieux communs de la rhétorique française, sans que l'on sache au juste ce qu'il signifie. Mais la question n'est pas : " qui sont les communautaristes ? ", c'est plutôt : " qui sont ceux qui dénoncent le communautarisme ? " Pour y répondre, il importe de situer le concept dans son histoire, d'analyser les usages sociaux auxquels il se prête et les intérêts qu'il sert en réalité.

IUFM de Bretagne
Salle Cochet
1, rue Théodule Ribot
Saint-Brieuc


2007 - 2008

  • Vendredi 27 juin 2008, de 10h00 à 16h00
    Nathalie Caradec
    Nathalie CARADEC, docteur en littérature française, membre associé de Préfics (EA 3270) et enseignante à l’Enssat (Lannion), présentera une communication sur "La Bretagne dans la littérature de jeunesse d’aujourd’hui"

    Résumé : Le livre de jeunesse est un domaine de l’édition en pleine expansion et il est intéressant de voir comment la Bretagne est présentée dans les récits destinés aux 8-12 ans. A partir d’un corpus d’ouvrages contemporains, nous avons répertorié des thèmes de prédilection, nous avons vu quels aspects de la société bretonne sont évoqués et quelle place est réservée au breton.


    Vendredi 6 juin 2008, de 10h00 à 12h00
    José Antonio RUBIO, professeur de sociologie, Universidad de Extremadura et Université de Nantes
    José Antonio RUBIO, professeur de sociologie, Universidad de Extremadura et Université de Nantes, présentera une communication sur "Pyromane ou pompier ? L'État espagnol face aux nationalismes"


    Résumé : Cette communication décrit les différentes politiques développées par l ´État espagnol envers les mouvements nationalistes de son intérieur, notamment les mouvements basque et catalan. Pour ce faire, il a pour base une métaphore, celle de l´État « pompier pyromane ». L´Etat se comporte en tant que « pyromane » tout au long du XIXe siècle, quant il entreprend une unification qui échoue. Incapable de mener à terme une politique de nationalisation performante au moment opportun, l ´État contribue par inaction, maladresse et brutalité à générer des tendances centrifuges contre lui. Le XXe siècle a été le temps de l ´État « pompier », c´est-à-dire celui d’un État qui mit en œuvre tout un répertoire de politiques en quête d´une solution au problème de son articulation territoriale ainsi qu’au problème des carences de légitimité aux yeux de certains mouvements politiques. Les stratégies visant à éteindre le feu métaphorique ont oscillé entre les actions répressives et centralisatrices et les actions d´accommodation et de pacte. Aujourd´hui, le cas espagnol est l´un des plus complexes d’Europe, en raison de son houleux passé, du délicat équilibre de forces qui cohabitent, et aussi en raison des heurts d´aspirations et de tendances diverses qui coexistent en son sein.

  • Vendredi 23 mai 2008, de 10h00 à 16h00
Juvénal QUILLET, philosophe, directeur de l'association SEPA, Site Expérimental de Pratiques Artistiques
Juvénal Quillet, philosophe, et Ronan Le Coadic, sociologue, maître de conférences à l'IUFM de Bretagne, présenteront chacun une communication sur le thème des minorités nationales.
Ronan LE COADIC, sociologue, maître de conférences à l'IUFM de Bretagne

 

  • Vendredi 4 avril 2008, de 10h00 à 12h00
Jean-Jacques Monnier, docteur d’État en géographie, chargé de cours à l’IUT de Lannion-Rennes 1, membre du CRAPE (CNRS, Université de Rennes-1, IEP de Rennes)
Jean-Jacques Monnier, docteur d’État en géographie, chargé de cours à l’IUT de Lannion-Rennes 1, membre du CRAPE (CNRS, Université de Rennes-1, IEP de Rennes), présentera une communication sur le thème :

"Quels rapports entre Résistance et conscience bretonne ? Les difficultés d’un travail historique sur une mémoire sensible"

Résumé :   Nombre de travaux, universitaires ou non, ont mis en évidence la collaboration de groupes nationalistes bretons avec l’occupant nazi ou avec le régime de Vichy. Cette collaboration s’observe aussi pour nombre d’autres secteurs de la vie politique française d’une part, de minorités nationales ou de peuples colonisés de l’autre. Une approche empirique du sujet a fait progressivement apparaître de nombreuses exceptions individuelles à ce qui était présenté comme une règle générale. Sans se cantonner aux milieux nationalistes de l’époque, finalement trop étroits pour justifier une nouvelle étude, le sujet a été élargi aux manifestations d’attachement à la Bretagne, de défense et de promotion collective (avant, pendant ou après la guerre) chez des Résistants. Une approche plus scientifique et organisée s’est vite heurtée à la rareté des sources écrites et à la fragilité des témoignages, du fait de la disparition rapide des acteurs et des difficultés à effectuer des recoupements sur tous les sujets. La recherche a mis en évidence la singularité de nombreuses trajectoires individuelles, au gré des événements, des informations, des fréquentations, des amitiés et des hasards.

  • Vendredi 14 mars 2008
Gilles Simon, doctorant en science politique à l'université de Rennes-1

Gilles SIMON, doctorant en science politique à l’Université de Rennes-1

« Prendre une position politique : le Parti socialiste finistérien face à l’atome civil (1974-1986) »

Résumé :   En mobilisant les concepts de la théorie économique, il est possible de définir les partis politiques comme des entreprises qui sont en concurrence sur le marché des choix publics. Pour convaincre et séduire les électeurs, les partis politiques définissent des positions politiques, des produits politiques. Or, comme une firme qui adapte son produit aux particularités d’un territoire, les partis politiques sont également amenés à moduler leurs prises de positions politiques en fonction des contextes territoriaux. Le cas des prises de position du Parti socialiste, entre 1974 et 1986, à propos d’un projet de construction d’une centrale nucléaire dans le Finistère, va illustrer l’impératif des partis politiques de prendre notamment en compte le poids des identités territoriales. Avant 1974, le PS n’avait pas de position spécifique sur l’énergie nucléaire civile car le débat sur l’opportunité de celle-ci n’avait pas lieu. Après 1974, l’accélération du programme électro-nucléaire français (« 200 centrales en l’an 2000 ») va conduire le PS à définir une position nationale, tout en modulant cette position dans les régions, comme en Bretagne par exemple. Il en a résulté une tension, un écart, entre une position nationale relativement favorable à l’atome civil et, par exemple, un « grand refus » des socialistes finistériens. C’est sans doute une des opérations les plus difficiles pour un parti politique que d’établir une cohérence entre un discours sur le plan national, tout en arrivant à prendre en compte les singularités régionales. La réussite du PS dans les années 1970-1980 tient sans doute dans sa capacité à maîtriser cet écart.


  • Vendredi 8 février 2008
Directeur de recherche au CNRS, membre du CERI, Centre d’études et de recherches internationales

Alain DIECKHOFF, Directeur de recherche au CNRS, membre du CERI, Centre d’études et de recherches internationales.

« Division des Etats et nationalismes centrifuges en Europe »

Résumé :   Au cours de la décennie 1990, seize nouveaux Etats ont vu le jour en Europe, tous sur les décombres de trois fédérations communistes. Cette comptabilité qui ne prend en compte que le critère de la reconnaissance internationale ne donne qu'une image parcellaire et imparfaite d'une dynamique de revendication nationaliste beaucoup plus profonde qui, en Europe de l'Ouest, nourrit aussi des forces centrifuges (en Espagne, en Belgique et au Royaume-Uni en particulier). Notre analyse procédera en deux temps. D'abord, nous nous interesserons aux raisons qui ont conduit à la fragmentation de trois Etats fédéraux en Europe de l'Est ainsi qu'à la question des frontières des  Etats nés de ces divisions. Dans un second temps, nous essayerons de comprendre pourquoi, à l'Ouest du continent, le principe nationaliste qui cherche, comme Ernest Gellner l'avait noté, la congruence entre culture et unité politique demeure si actif.


  • Vendredi 18 janvier 2008
  • Erwan Chartier, journaliste à ArMen et doctorant à Rennes 2

    Erwan Chartier, journaliste à ArMen et doctorant à Rennes 2.

    « Les autonomistes rouges des années 1920 et 1930 en Bretagne »

    Résumé :   La création de l'Union démocratique bretonne, en 1964, a ancré une certaine forme de revendication bretonne à gauche, alors que le nationalisme et le régionalisme bretons semblaient, jusqu'à cette date, plutôt connotés à droite, voir à l'extrême-droite. Pourtant, à y regarder de plus près, la revendication bretonne de gauche est bien plus ancienne qu'il n'y paraît. Des prises de position pro-républicaines du Gorsedd de Bretagne dans les années 1900 à des individualités comme le député radical-socialiste Pierre Gueysse ou l'écrivain Emile Masson, le premier Emsav avait déjà posé les jalons d'un discours breton progressiste. Dans les années 1920, se développe une tendance de gauche, majoritaire dans le Parti autonomiste breton (PAB) qui, dans les années 1930, s'exprime au sein de la Ligue fédéraliste de Bretagne ou au Parti national-révolutionnaire breton (PNRB). Malgré l'échec de ces mouvements, on retrouve ce discours de gauche dans des organisations comme les Bretons émancipés, proche des communistes, ou dans diverses organisations de résistance pendant l'Occupation.

 

  • Vendredi 14 décembre 2007 de 10h00 à 12h30
  • Doctor Juris, Institut d'Etudes Politiques de Paris, CEIPI, Stasbourg, consultant juridique

    - Bibliographie

    Yves PLASSERAUD, Doctor Juris, Institut d'Etudes Politiques de Paris, CEIPI, Stasbourg, consultant juridique (1965-1995).

    « Les minorités ethniques, nationales et religieuses : essai de typologie »

    Résumé :   Le concept de minorité au sens ou nous l’entendons aujourd’hui est une création relativement récente. Les conditions de son apparition jettent une lumière intéressante sur la situation contemporaine. Après avoir retenu une définition de la notion actuelle de minorité, nous chercherons dans une première partie à dégager les grands types de vécus minoritaires existant dans le monde aujourd’hui. Sur la base de cette classification, nous esquisserons dans une seconde partie une géopolitique des minorités et de leurs enjeux.

    Séminaire d'Yves PLASSERAUD, Doctor Juris, Institut d'Etudes Politiques de Paris, CEIPI, Stasbourg, consultant juridique (1965-1995)

    Séminaire d'Yves PLASSERAUD, Doctor Juris, Institut d'Etudes Politiques de Paris, CEIPI, Stasbourg, consultant juridique (1965-1995).

 

  • Jeudi 8 novembre 2007 de 14h00 à 17h00
    Yvon Le Bot, sociologue, directeur de recherche au CNRS, membre du CADIS

    Yvon LE BOT, sociologue, directeur de recherche au CNRS, membre du CADIS.

    « Identités et action collective. Les mouvements indiens en Amérique latine »

    Résumé :   Depuis plusieurs décennies, on observe en Amérique latine une montée de mouvements indiens combinant conflit social, visée démocratique et enjeux culturels. Apparus dans les années 60-70 en Equateur (fédération shuar), en Colombie (Cric), en Bolivie (katarisme), ces mouvements se sont étendus depuis à presque tous les pays de la région. Nés à la périphérie, au sein de groupes minoritaires ou de populations importantes mais marginalisées et infériorisées, ils ont exprimé d'abord des revendications socio-économiques catégorielles et des demandes ethniques particulières, qu'ils ont ensuite projetées sur le devant de la scène nationale. Certains ont acquis une dimension transnationale (la mobilisation continentale contre la célébration du cinquième centenaire de la Découverte en 1992 ; celle, plus discrète, des Indiens mexicains en Californie), d'autres ont connu un grand impact au-delà des frontières de la région (le soulèvement zapatiste au Mexique, l'élection d'Evo Morales à la présidence de la République en Bolivie). Ils ont mis en jeu des orientations culturelles générales.
        Ces mouvements ont émergé et se sont développés dans une période marquée en Amérique latine par des bouleversements économiques et politiques : décomposition des Etats nationaux-populaires, soubresauts et effondrement des dictatures militaires, échec des mouvements révolutionnaires, instauration de régimes démocratiques et déferlement de la vague néo-libérale. Cette période a vu aussi le reflux des mouvements sociaux classiques (ouvriers, paysans, étudiants) et la montée de mouvements articulés autour d'identités culturelles et religieuses.
    Les luttes indiennes sont parmi les plus importantes et les plus significatives. Elles ont contribué à produire certains des principaux changements qui se sont opérés dans les sociétés latino-américaines et à en modifier l'image : émergence de la société civile, plus grande autonomie des acteurs, moindre dépendance à l'égard des instances politiques, affaiblissement de l'Etat et d'un modèle de nation homogène, fragmentation accrue.
    Elles sont aujourd'hui partie prenante des mobilisations contre les effets du néolibéralisme, et, dans certains cas (Bolivie, Equateur, Venezuela), des poussées néo-populistes qui résultent des destructions
    occasionnées par le néo-libéralisme ainsi que des échecs, des insuffisances et de la corruption de la démocratie représentative, Mais elles restent animées, le plus souvent, par des aspirations démocratiques, elles visent l'égalité dans la différence, elles s'efforcent d'établir des alliances avec des secteurs non indiens. Plus que d'autres actions collectives, elles cherchent à combiner droits sociaux, droits politiques et droits culturels.
    Séminaire d'Yvon LE BOT, sociologue, directeur de recherche au CNRS, membre du CADIS


  • Le Vendredi 12 octobre 2007, de 9h30 à 12h30
    Xavier Le Torrivellec, docteur de l’EHESS en histoire et Ater à l’INALCO (Histoire de la Russie)

    Communication de Xavier Le Torrivellec, docteur de l’EHESS en histoire et Ater à l’INALCO (Histoire de la Russie)

    «Tatars et Bachkirs au 20e siècle : Recompositions ethniques et pouvoir politique en région Volga-Oural »

    Résumé :   Les questions identitaires occupent une place centrale dans la vie des sociétés contemporaines. Le constat est unanime, mais les diagnostics divergent quant à la nature et la portée du phénomène. Pour y voir plus clair, nous proposons un détour dépaysant par la région Volga-Oural. Située au cœur de la Fédération de Russie, cette région est concernée par toute l’histoire russe et soviétique. Mais la région Volga-Oural est aussi, au nord de l’Eurasie centrale (cf. carte), une zone de peuplement altaïque et de confession musulmane : l’ancien royaume des Bulghars de la Volga, envahi par les Mongols puis par les Russes est aujourd’hui revendiqué comme leur patrie par les Tatars, les Bachkirs et les Tchouvaches. Les rivalités apparues durant les années 1970 entre les historiens de ces trois populations turcophones, se sont portées sur le terrain éminemment politique des statistiques démographiques. Après la disparition de l’URSS, les élites locales ont légitimé leur pouvoir en évoquant le droit des peuples à l’autodétermination : en république du Bachkortostan, les Bachkirs se devaient donc d’être plus nombreux que les Tatars. Pour comprendre la centralité du référent ethnique dans la vie publique des républiques nationales de Russie, il importe de resituer les phénomènes les plus contemporains de réappropriation identitaire dans l’histoire longue de l’acculturation à la modernité en se plongeant dans l’histoire de la territorialisation des tribus nomades, de leur inclusion classificatoire dans l’Empire de Russie et de leur éclosion nationale durant la modernisation soviétique. En effet, longtemps assimilée à celle d’un État purement colonial, la politique nationale soviétique a été réévaluée comme étant celle d’un État créateur de nations. Dans ce domaine, la rupture décisive semble s’être produite dans les années 1960-70. On assiste alors en URSS à une conjonction de phénomènes considérables : industrialisation et urbanisation, émergence d’une société civile, désidéologisation et montée en force de sous idéologies nationales. Un des points que nous souhaitons soumettre à la discussion est le constat d’une évolution concomitante dans ces années 1960-70, en URSS et en Occident, de décolonisation, de reflux idéologique et de montée des revendications régionalistes et identitaires.

    Volga - Oural



2006 - 2007

  • Le 15 juin 2007, de 9h30 à 12h30
  •  

    Nathalie Dugalès et Aurélie Epron nous ont présenté les recherches qu'elles mènent dans le cadre de leurs thèses de doctorat.

    Nathalie DUGALÈS : La Bretagne et les Bretons dans la presse, représentation sociale ou stéréotype ? Premiers résultats d'une analyse automatique d'un corpus constitué d'articles de la presse quotidienne nationale et régionale du 5 février au 6 mai 2007.

    Aurélie EPRON : Le gouren XIXe-XXIe siècle : l'invention d'un sport traditionnel.

     

  • Le 11 mai 2007, de 10h00 à 12h30
  • Karim SALHI

    Karim SALHI, Université de Tizi-Ouzou (Algérie)

    « La Kabylie réinventée : l’identité face à l’épreuve du temps ».

      Par la diffusion des connaissances historiques, les Kabyles repoussent les frontières du temps au delà du repère abstrait qu’exprime le mot "zik" (le passé en langue kabyle). Ils élargissent ainsi l’"ère mémorielle" et réinventent une identité qui s’approprie les événements de l’histoire antique et médiévale (longtemps ignorés). Ce processus, qui s’amorce vers le début du XXe siècle, tente de réparer la césure provoquée par une perception du temps qui ne connaît pas de bornage et de datation. Il reconfigure les temporalités et alimente la mémoire collective en l’allongeant. Cette réinvention revitalise les processus de reconstruction/construction identitaires et répare l’image du Kabyle en le plaçant dans une autochtonie valorisée par l’histoire des Berbères en général.

     

  • Le 20 avril 2007, de 10h00 à 12h30
  • Eamon O'Ciosain

    Eamon O'Ciosain, professeur de français à l'université de Maynooth (Irlande).

    « Immigration irlandaise en Bretagne au XVIIe siècle : devenir des immigrants, assimilation ou...? ».

       Cette communication portera sur les rapports entre la Bretagne et l'Irlande, rapports fort anciens. Une migration vers la France se développe à partir des années de 1590, la guerre de la Ligue en Bretagne, période où une ligue catholique se battait aussi contre les Anglais en Irlande. Jusqu'à 1720 environ, un afflux constant d'Irlandais arrive en Bretagne. Certains repartent au gré des circonstances politiques ou vers une autre destinaton en France (c'est le cas des militaires). Mais bon nombre d'Irlandais restent en Bretagne. Ils sont bien accueillis en tant que catholiques, semble-t-il. Les parrainages par les notables bretons sont nombreux, et témoignent d'une bonne intégration future. Dès la troisième génération, cette migration se fond dans la population bretonne, à quelques exceptions près. La population bretonne eut-elle un comportement particulier envers les Irlandais qui arrivaient assez nombreux dans certains endroits, notamment la Basse-Bretagne ? La communication du 20 avril étudiera ces phénomènes et proposera des analyses.

     

  • Le 23 mars 2007 après-midi
  • Suzanne Citron
    Suzanne CITRON

    « Le mythe national ».


       Suzanne Citron démonte la logique d'une histoire qui, confondant l'Etat et la "nation", occulte le passé des peuples vaincus ou colonisés, minimise ou ignore les fautes ou les crimes de pouvoir. Elle montre, d'autre part, comment notre historiographie nationale a été "fabriquée". Enfin, elle nous
    explique l'itinéraire personnel qui l'a amenée à critiquer le mythe national..

  • Le 6 janvier 2007 à 9 h 30
  •  

    Erwan Chartier, journaliste à ArMen et doctorant à Rennes 2

    « FLB-ARB, la tentation de la violence clandestine en Bretagne, en perspective avec les mouvements clandestins d’Europe occidentale ».

     

2005 - 2006

  • Le 12 juin
  •  

    Claire Guiu

     « Les processus de folklorisation dans la région des Terres de l'Ebre, au sud de la Catalogne espagnole »

    Le patrimoine immatériel est activé par différents acteurs au nom de l’identité, du territoire et de la mémoire. Les pratiques et manifestations dites « traditionnelles » se multiplient, et mettent en scène des imaginaires territoriaux. Elles sont l’objet d’initiatives politiques ou associatives de « jardinerie culturelle », visant à « déraciner », « enraciner » ou semer les danses et les chants folkloriques. Nous nous intéresserons ici au processus de folklorisation dans les Terres de l’Ebre, une région rurale et méridionale au sud de la Communauté Autonome de Catalogne, depuis le mouvement de la Renaixença (la « renaissance catalane ») jusqu’à aujourd’hui. Nous analyserons les liens entre les différentes étapes de la valorisation de la tradition, ses modes, localisations et idéologies, et les processus de construction régionale. Quels sont les liens entre folklorisation et territorialisation ? Comment ce sud catalan, zone rurale et frontalière peu définie, émerge-t-il à partir de la transition démocratique comme un territoire en projet appelé « Terres de l’Ebre » ? Par quels processus ce territoire marginalisé de la construction identitaire catalane, longtemps stigmatisé, se convertit-il en une campagne alternative et innovante, « traditionnelle » et catalane ?

 

  • Le 12 mai
  •  

    Bernhard Kitous

     « Identité et mode de faire-valoir : le droit coutumier slave et ses survivances contemporaines »

     

  • Le 10 février 2006 à 9 h 30
  • John Patrick Loughlin

    John Loughlin, Professor of European Politics, Cardiff University, Senior Visiting Research Scholar, University
    of Oxford

    « La gouvernance territoriale au 21e siècle »

  • Le 6 janvier 2006 à 9 h 30
  •  

    Erwan Chartier, doctorant à Rennes 2

     « Morvan Lebesque : le masque et la plume d'un intellectuel en quête de Bretagne »

     

  • Vendredi 2 septembre 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
  • Vincent Porhel, docteur en histoire contemporaine

     « La construction du discours régionaliste en Bretagne dans les années 1968 au travers de cinq conflits sociaux (1966-1981) »

      Les années 1968 sont en Bretagne, comme partout en France et dans le monde, des années de contestation. Pourtant la Bretagne a longtemps été reléguée au rang de région immobile, à l'écart des grands enjeux nationaux. Une étude approfondie de cinq conflits sociaux de 1966 à 1981 permet de remettre en cause cet à priori en soulignant la vitalité de la contestation sociale à l'œuvre en Bretagne dans les années 1968. Une contestation sociale qui prend un tour culturel quand les commentateurs dans le temps de l'événement et les acteurs sociaux évoquent une nouvelle identité au fil d'un discours régionaliste largement repris tant par les syndicalistes que par les médias. La confrontation avec la mémoire des témoins permet de resituer les contours de cette démarche identitaire qui entre en conflit avec les aspirations internationalistes qui caractérisent les années 1968 avant de retrouver une assise dans une patrimonialisation du politique à la fin de la période.


2004 - 2005

  • Vendredi 3 juin 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
    Odette TOMESCU-HATTO , maître de conférences à l'Institut d'Études Politiques de Paris

    Communication d' Odette TOMESCU-HATTO , chargée d'études au CEVIPOF, Centre d'Étude de la Vie Politique Française, et chargée de cours à l'Institut d'Études Politiques de Paris.

     « Les langues régionales en Europe : l'Union Européenne, un levier pour les “sociétés civiles locales”. Étude comparative : Allemagne, Belgique, France, Pologne, Suède. »

    Il s'agit de la présentation d'une partie des résultats de l'enquête européenne CIVGOV, "Organized civil society and European governance", menée dans douze pays d'Europe et portant sur le régionalisme, l'anti-racisme et l'écologisme.


 

  • Vendredi 6 mai 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
    Philippe PESTEIL, professeur de sociologie à l'université de Corse
    Communication de Philippe PESTEIL, maître de conférences d’anthropologie à l'université de Corse

      « Culture et politique en Corse : considérations autour du Reacquistu »

    Résumé :    En Corse à partir des années 1960 un mouvement, plus tard qualifié de reacquistu (réacquisition) va se développer en réaction aux grandes tendances économiques  (tourisme, agriculture de plaine) et aux perspectives qui devenaient celles de l'île. Suivant la classique inversion des stigmates les efforts vont tendre principalement à remettre en valeur une communauté agro-pastorale référence authentique de l'identité économique et sociale, une langue minorée source de l'identité culturelle menacée. Nous tenterons de préciser les caractéristiques majeures de ce vaste mouvement en suivant les pistes des modes d'expression culturels et politiques. Quarante ans après le début de ce sursaut, nous proposerons également une analyse visant à tirer les enseignements des grandes orientations choisies et de leurs conséquences sur la société Corse d'aujourd'hui.

  • Jeudi 7 avril 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
    Björn LARSSON, écrivain et navigateur ; auteur, notamment, du Capitaine et les rêves (prix Médicis 1999)
    Communication de Björn LARSSON, écrivain et navigateur ; auteur, notamment, du Capitaine et les rêves (prix Médicis 1999).

      « Littérature, identité et nationalisme »

  • Vendredi 4 mars 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
    Juvénal QUILLET, philosophe, directeur de l'association SEPA, Site Expérimental de Pratiques Artistiques
    Communication de Juvénal QUILLET, philosophe, directeur de l'association SEPA, Site Expérimental de Pratiques Artistiques, et Ronan LE COADIC, sociologue, maître de conférences à l'IUFM de Bretagne, sur le thème de « l'identité »
    Ronan LE COADIC, sociologue, maître de conférences à l'IUFM de Bretagne

  • Vendredi 4 février 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
    Olivier GORÉ, docteur en géographie de l'université de Rennes

    Communication d'Olivier GORÉ, docteur en géographie de l'université de Rennes-2

    « L'inscription territoriale de la musique bretonne »

    Résumé :   Principal vecteur de la territorialité bretonne, la pratique actuelle de la musique traditionnelle n’agit pas que sur la construction symbolique de la Bretagne. Les pratiques vocales et instrumentales actuelles, revendiquant un caractère breton et plus ou moins empreintes de tradition, s’inscrivent également dans la réalité quotidienne des rapports sociaux. Perceptible à l’échelle de la localité, cette emprise socio-spatiale de la musique traditionnelle s’exerce également au niveau régional. Mon intervention, en mettant en valeur les interactions entre culture et territoire et en soulignant la double fonction identitaire et patrimoniale de la notion de culture, a pour objectif de préciser la dimension spatiale multiscalaire d’une forme expression musicale en particulier, le fest-noz. La diffusion et répartition spatiale des festoù-noz, les pratiques et les représentations des acteurs (musiciens, public, associations organisatrices…) sont autant d’éléments qui contribuent à la territorialisation de la musique traditionnelle en Bretagne.


  • Vendredi 7 janvier 2005 de 9 h 30 à 12 h 30
    Pierre-Jean SIMON, professeur honoraire de sociologie à l'université de Rennes-2

    Communication de Pierre-Jean SIMON, professeur honoraire de sociologie à l'université de Rennes-2

    « L'ethnicité »

    Résumé :   Je me propose de revenir, dans le prolongement de mon essai sur La Bretonnité , sur quelques éclaircissements concernant le concept d'ethnicité que j'utilise pour désigner et décrire la bretonnité, plutôt que celui d'identité. Un terme dont, d'ailleurs, je ne m'interdis pas l'usage, mais en lui donnant un sens restrictif. Il me paraît en effet préférable de ne parler d'identité que pour les aspects subjectifs de l'ethnicité. De réserver, autrement dit, ce terme d'identité pour l'identification, le sentiment d'appartenance. L'ethnicité, l'ethnicité bretonne par exemple, la bretonnité, c'est l'identité sans doute, mais ce n'est pas seulement l'identité. L'ethnicité englobe l'identité, mais ne se confond pas avec elle.

  • Vendredi 17  décembre 2004 de 9 h 30 à 12 h 30
    Gilles SIMON, doctorant en science politique

    Communication de Gilles SIMON, doctorant en science politique

    L'effet des identités professionnelles sur les mobilisations sociales : le cas des mobilisations antinucléaires finistériennes (1975-1978)

    Résumé : Les identités professionnelles exercent des effets sur la dynamique des mobilisations sociales. Ces identités peuvent favoriser ou, au contraire, peuvent freiner une mobilisation. Dans le cas des deux mobilisations antinucléaires de Porsmoguer et de Plogoff, dans le Finistère, en 1975, l'identité professionnelle liée au monde agricole et celle liée au secteur de la Marine marchande ont par exemple exercé des effets inverses. Dans ces deux cas, la situation d'homologie sociale des députés par rapport à leurs électeurs est venu redoubler cet effet identitaire. Le mouvement breton étant principalement axé sur une problématique territoriale, la prédominance dans le jeu politique des identités à base sectorielle ne pourrait-elle pas expliquer le relatif échec du discours autonomiste à conquérir le champ politique régional ?

  • Vendredi 12 novembre 2004 de 9 h 30 à 12 h 30
    Sharif GEMIE, maître de conférences à l'université de Glamorgan

    Communication de Sharif GEMIE, maître de conférences à l'université de Glamorgan, co-directeur du laboratoire Centre for Border Studies

    La Galice, le Prestige et le mouvement « Nunca Máis »

    Résumé : En novembre 2002, le pétrolier le Prestige a coulé à environ 200 km des côtes de Galice. Cet événement a provoqué plusieurs crises dans la société galicienne et même en Espagne. Une crise écologique a, bien évidemment, suivi le naufrage mais, en plus, il s'y est ajouté une crise économique et une crise de culture politique. Cette dernière est symbolisée par le groupe Nunca Máis, un mouvement à la fois écologiste, populaire et nationaliste. Dans son exposé, Sharif Gemie considère ce mouvement comme un exemple du « patriotisme constitutionnel » dont parle Jürgen Habermas.

  • Vendredi 8 octobre 2004 à 9 h 30
    Aziliz Gouez, doctorante à l'EHESS et ingénieur d'études au LAIOS-CNRS (Paris)

    Communication d'Aziliz GOUEZ, doctorante à l'EHESS et ingénieur d'études au LAIOS-CNRS (Paris)

    « D'une rive à l'autre : l'émigration des Bretons en Amérique du Nord »

    Résumé : Gourin, petite commune des Montagnes Noires, et New York, mégalopole américaine, sont les deux pôles d'une recherche dont l'ambition est de mettre à jour ce que l'émigration des Bretons en Amérique du Nord peut nous apprendre sur la place de la Bretagne et de ses habitants dans le monde contemporain. L'étude de l'émigration des Gourinois, phénomène qui couvre toute la durée du XXe siècle, permet, nous semble-t-il, d'aborder la « question bretonne » dans ses divers aspects (économiques, politiques et culturels) sans la circonscrire au strict cadre de la région ou de l'État-nation français. S'appuyant sur une série d'entretiens réalisés dans le pays de Gourin, nous nous efforcerons de retracer les trajectoires – géographiques, économiques, culturelles et existentielles – de ces « Bretons-Américains ». Trajectoires familiales complexes, qui s'enchaînent d'une génération à l'autre, et qui sont faites de va-et-vient entre les deux rives, d'intégration à la société américaine ou de retour au pays. Trajectoires qui reflètent des jeux d'appartenance sans cesse recomposés, éclairant toute la complexité des phénomènes identitaires dans un contexte globalisé.

  • Vendredi 17 septembre 2004 de 9 h 30 à 12 h 30
    Hidetoshi Yanagawa, maître de conférences à l'université de Kagoshima (Japon) Communication de Hidetoshi Yanagawa, maître de conférences à l'université de Kagoshima (Japon)

    « Comparaison entre la Bretagne contemporaine et la situation actuelle des minorités japonaises (le Tôhoku, le Ryûku, etc.) »

    Résumé : Les Japonais partagent la conviction que le Japon est une nation formée d'un seul peuple. Pourtant, l'histoire nous montre que certains peuples ou certaines régions ont été opprimés ou discriminés. Que signifie être minoritaire au Japon ? Quel avenir les minorités peuvent-elles attendre ? En cherchant des ressemblances avec le cas de la Bretagne, la communication présente deux régions : Le Tôhoku et les Ryû-Kyû.

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2003 - 2004

  • 17 juin 2004
    Pierre Bouvier, Professeur de sociologie à l'université de Paris X - Nanterre Communication de Pierre Bouvier,
    Professeur de sociologie à l'université de Paris X - Nanterre


    « Socio-anthropologie des identités »

    Résumé : Les mutations des sociétés contemporaines induisent une nécessaire réflexion sur les modalités d’analyse des faits sociaux et de leurs identités. La démarche socio-anthropologique peut permettre d’aborder ces recompositions. Elle s’attache tant aux métissages entre données du présent qu’à la montée endoréique de traditions et de pratiques qui, contre toute attente, retrouvent des dynamiques et une nouvelle pertinence.

  • 13 mai 2004
    Communication de Roseline Le Squère,
    Doctorante en sociolinguistique à l'université de Rennes-2

    « Toponymie, identités culturelles bretonnes et développement égional : une analyse sociolinguistique de l'affichage public des langues de Bretagne »

    Communication de Frans Schrijver,
    Doctorant en géographie et aménagement de l'espace à l'université d'Amsterdam
    « Les conséquences des politiques de régionalisation sur les identités régionales et les mobilisations régionales et régionalistes :
    Recherche comparative sur la Bretagne, la Galice et le Pays de Galles »

  • 22 avril 2004
    Communication de Fañch Élégoët,
    Maître de conférences de sociologie à l'IUT de Rennes

    « Stratégies sociales : une sociologie de Bretagne »

  • 11 mars 2004
    Communication de Jean-Pierre Kervella,
    Docteur en sociologie, enseignant-formateur à l'ITES Brest et à l'UBO
    « L'étude de l'identité par l'approche monographique : l'exemple de Plougastel »


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